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Propos de novembre chez Enki Bilal....

mardi 16 décembre 2014, par Tibetaine21

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Toulon. Novembre, début. L’orage gronde et tempête sur nos têtes. On s’entête, nous affrontons les murs d’eau qui tombent du ciel et font briller les sols de la ville. Nous avons rendez-vous avec Enki Bilal, l’homme des tempêtes humaines, celui qui écrit « Ciels d’orage » et qui dessine, peint, parle, dit sans cesse les maux et les espoirs. Nous entrons dans un musée, obscur, les compteurs ont sauté au rez de chaussée. À l’étage, la lumière nous appelle, nous montons. Sur tous les murs, dans toutes les tailles, des hommes, des femmes, des êtres étranges, des bouts d’histoires…


Sortie exposition

JPEG Heureuse ce mardi de rencontrer les écrivaines d’Histoire d’écrire. Le temps, pas au diapason, ciel gris qu’agite un fort vent faisant voler tentures, retourner les parapluies aux joyeuses tonalités ; pieds dans l’eau qui ravive le granit des pavés, laissant apparaître de forts jolis dessins. Je me sens bien dans cette atmosphère d’orage même trempée par la pluie qui tombe serrée avec éclairs, tonnerre. Monsieur novembre s’exprime dans toute sa force. Heureusement, l’hôtel des arts pour l’exposition d’Enki Bilal va m’abriter quelques heures. L’affiche ne m’attire pas, un peu craintive, bousculée par l’avancée de certains artistes. Avec Dominique je vais certainement y trouver intérêt. De suite, le talent saute aux yeux, quelle diversité, quel imaginaire, comment peut-on aller si loin dans l’expression, au delà de... la guerre, les animaux, la nature, les éléments, le cosmos, le mal, etc… ?

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Maîtrise du trait, de la couleur, homme multiple. Subjuguée par l’univers d’Enki Bilal, que suis-je devant ce déploiement expressif, qui donne à voir, pose questions.
Un dessin, je m’arrête : un homme au visage sérieux, fort, puissant comme le rhinocéros à son côté, semble se confier à un chat soufflant ; lui exprime-t-il sa souffrance ? Des blessures apparentes : pansements, ceinture de maintien ; probablement d’autres plus profondes, la bouteille consolatrice sur la table en témoigne. Une petite grenouille.

JPEG Cet homme, je le revois amoureux, heureux, portant une jeune femme dans ses bras, joue contre joue pour la maintenir hors de l’eau qui monte jusqu’à ses genoux ; toujours un chat hargneux avec un lézard sur une caisse en bois qui flotte.
La femme cheveux et ongles bleus, est-ce elle qui le rend si malheureux ?

JPEGDes animaux entremêlés aux corps humains portant toujours des pansements, blessures de la vie ? Engins de guerre, l’homme vit, traite les sujets superficiellement d’où les pansements.
Un homme à face de cheval, sabot aux pieds, enlacé avec une jeune femme me dit : « que j’aimerais avoir la force du cheval alors que je porte bandage, pour séduire cette belle diablesse » qui, à son tour, dit : « je me sens tellement fragilisée par la pensée d’autrui que je me munis d’un gant de boxe pour frapper afin de n’être pas frappée et faire la rencontre dont je rêve. » Peut-être tous deux voudraient changer leur destinée comme le chien transformé en curieux animal avec d’immenses oreilles et un museau infini.

JPEG Pendant qu’il tonne dehors, des arrivants dégoulinants, je continue ma visite. Cette femme, que me dit-elle, accoudée, torse nu avec pansements, aussi sur le mur, poignets attachés par une gaze, les mains soutenant son menton ; un poisson sur la table avec pansement, un livre, poivre, sel, les piments de la vie. Sa tête coiffée de bleu sur fond bleu taché de rouge et bande rouge, un climat plein d’interrogations, titre « bleu sang ». Joli visage, regard lointain tourné vers l’invisible, bouche aux lèvres charnues qui reste en suspens... Notre époque survit par des pansements. Possibilité de se dégager dans la tourmente comme la gaze fine et forte peut-être coupée ? Des dallages, du rouge, du bleu, du gris. Gris, je reçois ton calme, ta douceur, tes mariages heureux avec les autres te rend indispensable, tes ombres soulignent ce qui doit se remarquer, tu rehausses les autres tons par ta discrétion, tes nombreuses nuances marquent les œuvres de ta sensibilité. Interpellée, l’artiste me donne à réfléchir à connaître des situations difficiles vécues, essayant de s’en dégager par mille facettes, avec pugnacité. Il me projette loin, très loin dans la découverte, aussi avec des photos.

Talent éblouissant, oeuvres particulières à peine survolées m’ouvrant un monde inconnu.
Lucienne

Novembre............Histoire courte

Toute la nuit, la pluie est tombée sans discontinuer. Ce matin de Novembre quelque chose me pousse à sortir de mon lit. Je me lève avec une désagréable impression. Maussade, je bois un café noir brûlant qui n’enlève pas cette sensation que je ne peux expliquer.

La pluie ayant cessé, je décide de sortir, le ciel est noir, très noir, l’orage n’est pas loin. En effet, soudainement des trombes d’eau s’abattent sur moi, éclairs et tonnerres se succèdent, il faut que je m’abrite.

JPEG J’entre dans ce qui ressemble à une galerie où sont accrochés des tableaux au mur. Il y a peu de monde. Un de ces tableaux m’attire particulièrement, je m’en approche, au même moment je suis plongée dans le noir complet, l’orage sans doute, en tâtonnant je pose le pied sur le sol qui se met à bouger, la lumière revient, je suis sur un escalator qui descend.

Sur les murs tout autour de moi, je vois défiler des images, des dates, 1er Novembre puis 2 Novembre, des fleurs, beaucoup de fleurs, 3 Novembre st Hubert, patron des chasseurs, j’entends le son du cor, les cris d’une meute. Et cela continue, 4 Novembre, bruits de pluie, éclairs et tonnerre. Les jours passent avec leurs saints respectifs, la descente me semble sans fin, j’ai l’impression de m’enfoncer dans les entrailles de la terre. Sainte Cécile le 22, patronne des musiciens, un orchestre symphonique joue du Mozart je crois.

Et cela continue jusqu’au 30 où brutalement l’escalator s’arrête, je continue mon chemin sur un tapis roulant dans une lumière gris bleue, où évoluent des poissons noirs, volent-ils ou suis-je dans l’eau ? Je ne ressens rien, ni angoisse, ni peur. Le tapis s’arrête, une civière est là, je m’y allonge, des électrodes se posent sur ma tête. Cette lumière gris bleue douce, sans agressivité m’apaise et je m’endors d’un sommeil profond.

Combien de temps, je ne sais pas, le temps n’existe plus pour moi. Je me retrouve à nouveau sur un tapis roulant, vêtue d’une longue robe rouge, au milieu de poissons rouges, puis sur un escalator qui monte cette fois-ci.

Les images défilent dans le sens contraire, 30, 29, 28 etc. Je me sens bien, paisible, détendue, sereine, transformée. 4 Novembre l’escalator s’arrête, j’entends des grondements sourds, une sonnerie forte, c’est mon réveil, je suis dans mon lit, ce n’était donc qu’un rêve.

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Il est sept heures, nous sommes le 4 Novembre, la date de l’arrêt de l’escalator, je ne sais si je suis dans mon rêve ou dans la réalité. Je me lève, il pleut, l’orage gronde, je consulte mon agenda, je dois retrouver ce matin mes amies pour un moment d’écriture, je suis désorientée, mal à l’aise. J’arrive à mon rendez-vous avec une certaine crainte devant un musée pour travailler sur une expo de peintures.
J’entre sans rien laisser paraître, mes pas me dirigent dans une salle où pétrifiée, je découvre un tableau représentant étrangement le lieu de mon rêve où j’étais si bien, mais qui à présent me panique, me paralyse.

Angoissée, prétextant un appel téléphonique à donner, je sors reprendre mes esprits.
De retour près de mes amies, j’évite soigneusement la salle du tableau et attend impatiemment la fin de la matinée.

Depuis ce jour, j’ai du mal à m’endormir. Par peur de vivre le jour ce que je vis la nuit.

Maryse

 

 

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